La création d’une auto-entreprise, ou micro-entreprise, se fait en ligne, sur le guichet unique de l’INPI. Quand on fait la démarche soi-même, elle ne coûte rien pour la plupart des activités, et l’Insee attribue ensuite un numéro SIREN et un numéro SIRET à l’entreprise. Ce guide suit le parcours dans l’ordre : conditions d’accès, pièces à rassembler, déclaration, coût, délais et premières obligations.
Qui peut créer une auto-entreprise
Le régime est ouvert à toute personne majeure ou mineure émancipée qui exerce seule une activité commerciale, artisanale ou libérale. Une personne ne peut avoir qu’une seule micro-entreprise, même si elle y déclare plusieurs activités.
Le cumul avec un emploi salarié, des études ou une retraite est possible, sous réserve des clauses de son contrat de travail. Certaines activités restent hors du régime, notamment des professions libérales réglementées et des activités agricoles : il faut vérifier son cas avant de se lancer.
Le choix de la nature de l’activité compte dès cette étape. Une activité de vente, une prestation de services commerciale, un métier artisanal et une profession libérale ne relèvent ni des mêmes plafonds, ni des mêmes organismes, ni des mêmes cotisations. Une activité mixte, par exemple la vente de produits accompagnée de prestations, suit des seuils distincts qu’il faut surveiller séparément.
Le projet se situe aussi par rapport à sa taille. La différence entre startup et petite structure aide à voir si une micro-entreprise suffit pour l’ambition visée, car le régime convient à une activité menée seul, avec peu de charges.
Ce qu’il faut préparer avant la déclaration
Le dossier se remplit en une seule session si les documents sont prêts. Une pièce d’identité en cours de validité est demandée. Selon le cas, un justificatif de domicile ou de domiciliation s’y ajoute, et une activité artisanale réglementée exige un justificatif de qualification.
Le point qui demande le plus de réflexion est la description de l’activité. Elle détermine le code APE et le type de cotisations. Une description précise (ce que l’on vend, à qui, sous quelle forme) évite les corrections ultérieures.
Une adresse est nécessaire : celle du domicile convient dans la plupart des cas, sous réserve du règlement de copropriété ou du bail. À défaut, une domiciliation chez un tiers est possible. L’adresse saisie figurera dans les registres officiels, ce qui mérite réflexion pour qui travaille chez soi.
Il est utile de relever aussi l’adresse email et le numéro de téléphone qui serviront aux échanges avec l’administration. Ils reçoivent les notifications du guichet unique et les identifiants de l’Urssaf : une adresse que l’on consulte rarement fait perdre des jours.
La déclaration sur le guichet unique de l’INPI, étape par étape
Voici le déroulé de la formalité de création d’une micro-entreprise :
- Créer un compte sur le guichet unique, avec une adresse email valide et un mot de passe.
- Choisir la forme d’entrepreneur individuel et le régime de la micro-entreprise.
- Saisir l’identité, l’adresse de l’entreprise, la date de début d’activité et la description de l’activité.
- Renseigner les options sociales et fiscales, dont le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, qui dépend de la situation fiscale du foyer.
- Joindre les pièces justificatives, lisibles et au bon format.
- Relire le récapitulatif, signer électroniquement et envoyer le dossier.

Le dossier est ensuite transmis aux organismes concernés, et l’état d’avancement se suit depuis le compte créé à la première étape. Un dossier incomplet est renvoyé pour correction, ce qui allonge le délai.
Les options sociales et fiscales méritent une vérification avant la signature. Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, par exemple, se choisit à la création ou dans un délai limité ensuite, et il n’est accessible qu’à certains foyers fiscaux. Comparer avec l’impôt habituel du foyer évite une mauvaise surprise sur le revenu net.
Coût de la création : gratuite en direct
La démarche sur le guichet officiel est gratuite pour une activité commerciale ou libérale. Une immatriculation artisanale peut en revanche entraîner des frais, qui varient selon l’activité : le guichet les affiche avant le paiement.
De nombreux sites proposent de faire la démarche à la place du futur entrepreneur contre rémunération. Ces services sont facultatifs. Avant de payer quoi que ce soit, il faut contrôler que l’adresse du site est bien celle du guichet unique officiel.
Les frais d’une immatriculation artisanale s’ajoutent au coût de la formation si elle est exigée. D’autres dépenses viennent ensuite, mais elles ne relèvent plus de la création : assurance professionnelle selon le métier, outils, logiciel de facturation. Les budgéter avant de se déclarer permet de savoir si l’activité tient sans trésorerie de départ.
Délais : du dépôt du dossier au SIRET
Une fois le dossier validé, l’Insee attribue le SIREN et le SIRET, avec le code APE. Le traitement prend en général quelques jours, davantage si une pièce manque. Les numéros arrivent par courrier électronique et par courrier postal.
L’inscription à l’Urssaf est faite dans la foulée : l’entrepreneur reçoit ses accès au service en ligne qui sert aux déclarations de chiffre d’affaires. L’activité démarre à la date indiquée dans le dossier, mais il est prudent d’attendre la confirmation de l’immatriculation avant d’émettre une première facture.
Entre la validation et le premier encaissement, plusieurs réflexes évitent les retards. Il faut conserver les courriers reçus, vérifier que le code APE correspond bien à l’activité réelle, et signaler rapidement toute erreur d’état civil ou d’adresse, car une correction tardive passe par un dossier de modification.
Les premières obligations après la création
Le régime impose des plafonds de chiffre d’affaires annuel. Pour 2026, ils sont de 203 100 € HT pour la vente de marchandises et de 83 600 € HT pour les prestations de services et les activités libérales. La sortie du régime n’intervient qu’après un dépassement pendant deux années consécutives, avec effet au 1er janvier suivant.
Les cotisations sociales se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé. Sans chiffre d’affaires, il n’y a rien à payer, mais la déclaration reste obligatoire, à fréquence mensuelle ou trimestrielle selon le choix fait à la création. Une part de chaque encaissement doit être mise de côté : la gestion de la trésorerie évite de se retrouver sans fonds au moment de payer.
Une règle simple consiste à virer chaque semaine sur un compte séparé la part des encaissements qui reviendra à l’Urssaf. Cette habitude vaut aussi pour l’impôt si le versement libératoire a été choisi. Le montant exact dépend du type d’activité, que la plateforme de déclaration affiche au moment de saisir le chiffre d’affaires.

Les factures doivent porter des mentions obligatoires, parmi lesquelles le SIRET et l’identité de l’entrepreneur. Les documents commerciaux indispensables (devis, facture, bon de commande) se préparent avant le premier client. Au-delà d’un certain seuil de chiffre d’affaires, un compte bancaire dédié à l’activité devient obligatoire.
La protection sociale suit des règles propres aux indépendants. Il vaut mieux connaître à l’avance les démarches après un accident du travail que de les découvrir le jour où il survient.
Les erreurs qui bloquent ou retardent le dossier
Quelques erreurs reviennent dans les dossiers renvoyés :
- Une activité décrite trop vaguement, qui conduit à un mauvais code APE ou à un rejet.
- Un mauvais régime coché, par exemple un régime réel au lieu de la micro-entreprise.
- Une pièce illisible, tronquée ou dans un format refusé.
- Un justificatif de qualification oublié pour une activité artisanale réglementée.
- Un site payant pris pour le guichet officiel.
Un dossier vérifié avant l’envoi passe en général du premier coup. Les numéros SIREN et SIRET obtenus, il reste à ouvrir le compte en ligne de l’Urssaf et à déclarer le premier chiffre d’affaires à la date prévue.

