Avantage en nature véhicule 2026 et borne de recharge au domicile : qui paie quoi ?

Votre employeur vous attribue un véhicule électrique de fonction et propose d’installer une borne de recharge chez vous. Sur votre fiche de paie, deux lignes apparaissent : l’avantage en nature véhicule et un éventuel montant lié à la borne. Comprendre qui paie quoi entre l’entreprise et le salarié permet d’éviter les mauvaises surprises lors du calcul des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu.

Borne de recharge au domicile du salarié : ce que l’URSSAF exige en 2026

Avant de parler du véhicule lui-même, un point technique mérite d’être posé d’entrée : les conditions de remboursement de la recharge à domicile ont changé. Les concurrents abordent rarement cet aspect en détail.

Pour que l’employeur rembourse l’électricité consommée à domicile sans que ce remboursement soit requalifié en avantage en nature, l’URSSAF impose une mesure réelle, horodatée, de la consommation. Un simple relevé de compteur général ne suffit pas. Il faut un dispositif qui isole la consommation liée au véhicule de fonction (compteur dédié, borne communicante, relevé spécifique).

Sans cette preuve, le montant remboursé par l’entreprise entre dans l’assiette des cotisations sociales. Le salarié perd donc une partie du bénéfice fiscal de la prise en charge employeur.

Femme à son domicile analysant une facture d'électricité devant une borne de recharge murale dans son garage résidentiel

Frais d’électricité : une exonération sans plafond sous conditions

Pour un véhicule exclusivement électrique respectant le score environnemental requis, les frais d’électricité de recharge payés par l’employeur sont totalement exclus de l’assiette des cotisations sociales. Cette exclusion n’est pas plafonnée, contrairement à ce que certains articles laissent entendre en évoquant un seuil de 50 %.

Ce régime dérogatoire, prévu par l’arrêté du 25 février 2025, reste valable jusqu’au 31 décembre 2027. Il concerne uniquement le véhicule de fonction électrique, pas un véhicule personnel du salarié.

Avantage en nature véhicule 2026 : forfait ou dépenses réelles

Deux méthodes coexistent pour calculer l’avantage en nature véhicule. L’employeur choisit celle qui convient le mieux à sa situation, mais ne peut pas en changer en cours d’année pour un même salarié.

  • La méthode forfaitaire applique un pourcentage au prix d’achat du véhicule (ou au coût global de location). Ce pourcentage varie selon l’âge du véhicule et la prise en charge du carburant par l’employeur.
  • La méthode des dépenses réelles additionne les coûts effectifs (amortissement, assurance, entretien) puis calcule la part d’usage privé du salarié.
  • Pour les véhicules mis à disposition à compter du 1er février 2025, l’arrêté du 25 février 2025 modifie les taux forfaitaires. Les véhicules mis à disposition avant cette date conservent les anciennes règles.

Pourquoi ce détail compte-t-il ? Parce qu’un employeur qui change de véhicule de fonction en 2026 applique les nouveaux taux, alors que celui qui prolonge un contrat antérieur reste sur l’ancien barème. Deux salariés d’une même entreprise peuvent donc avoir un calcul différent.

Abattement spécifique pour les véhicules électriques

Le véhicule exclusivement électrique bénéficie d’un abattement sur le montant de l’avantage en nature calculé au forfait. Cet abattement réduit la base soumise aux cotisations et à l’impôt sur le revenu.

L’abattement ne s’applique qu’aux véhicules respectant le score environnemental fixé par la réglementation. Un véhicule électrique importé hors critères n’en bénéficie pas. Vérifiez le score environnemental avant de signer un contrat de mise à disposition.

Installation de la borne : qui prend en charge le coût matériel

L’installation d’une borne de recharge au domicile du salarié représente un poste distinct de la consommation d’électricité. L’arrêté du 25 février 2025 prévoit un dispositif spécifique pour cette mise à disposition.

Si l’employeur installe une borne au domicile du salarié, la prise en charge de la borne constitue un avantage en nature évaluable. Le traitement social dépend de la situation :

  • Si la borne reste propriété de l’entreprise et est retirée en cas de départ du salarié, l’évaluation de l’avantage en nature borne suit des règles propres, distinctes de celles du véhicule.
  • Si la borne est cédée au salarié (il la conserve après la fin du contrat de travail), la valeur résiduelle de l’équipement peut entrer dans l’assiette des cotisations.
  • Le salarié qui installe sa propre borne et demande un remboursement à l’employeur se trouve dans un cas différent : c’est un remboursement de frais, pas une mise à disposition.

Vue de dessus d'un bureau avec une fiche de paie mentionnant l'avantage en nature véhicule, une borne de recharge miniature et un câble électrique

Fin du crédit d’impôt pour les particuliers en 2026

Le crédit d’impôt pour l’installation d’un système de charge de véhicule électrique au domicile est supprimé pour les dépenses payées à partir du 1er janvier 2026. Seules les dépenses réglées en 2025 restent éligibles à la déclaration de revenus 2026.

Cette suppression rend la prise en charge par l’employeur encore plus déterminante. Un salarié qui devait financer une partie de l’installation via le crédit d’impôt ne dispose plus de ce levier. La négociation avec l’entreprise sur la répartition des coûts d’installation devient un vrai sujet.

Recharge au bureau ou à domicile : impact sur la fiche de paie

La recharge sur le lieu de travail et la recharge au domicile ne produisent pas les mêmes effets en paie. Quand le salarié recharge sur une borne installée dans les locaux de l’entreprise, la question du remboursement ne se pose pas : l’entreprise paie directement sa facture d’électricité.

La recharge à domicile crée une étape supplémentaire. Le salarié avance les frais d’électricité, puis l’employeur rembourse sur justificatif. Ce remboursement, pour échapper aux cotisations, doit reposer sur la mesure horodatée évoquée plus haut.

Un salarié qui recharge principalement à domicile a intérêt à vérifier que sa borne produit des relevés exploitables, compatibles avec les exigences URSSAF. Une borne basique sans fonction de comptage communicant complique la justification des remboursements.

La TVA applicable à la fourniture et à l’installation d’une borne au domicile reste à taux réduit de 5,5 % pour les logements de plus de deux ans, ce qui allège le coût global de l’opération, même après la disparition du crédit d’impôt.

Le cadre réglementaire applicable jusqu’à fin 2027 offre un régime favorable aux véhicules électriques de fonction. Les employeurs qui anticipent l’installation d’une borne communicante au domicile du salarié sécurisent le traitement en paie et évitent les redressements URSSAF liés à un défaut de justificatif. Le choix du matériel de recharge conditionne directement le traitement fiscal et social du remboursement.

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